Discrètes ou marquées, les vergetures font partie du quotidien de millions de personnes. Souvent associées à la grossesse ou aux variations de poids, ces marques cutanées sont bien plus universelles qu’on ne l’imagine. Entre réalité médicale et perception sociale, elles nous interrogent sur notre rapport au corps et aux standards de beauté.
Longtemps perçues comme un simple complexe esthétique, les vergetures touchent une large partie de la population, femmes, hommes, adolescents et adultes. Qu’elles soient dues à la croissance, à une variation de poids ou à des changements hormonaux, leurs causes sont multiples et, la plupart du temps, inévitables.
Sur le plan physiologique, ces marques apparaissent lorsque la peau subit un étirement trop rapide. Les fibres de collagène et d’élastine, garantes de la souplesse cutanée, se rompent alors partiellement. Initialement rouges ou violacées signe d’une inflammation active elles s’estompent avec le temps pour devenir blanchâtres et légèrement nacrées.
Contrairement aux préjugés, les vergetures ne sont en aucun cas liées à un manque d’hygiène. Elles dépendent majoritairement de facteurs génétiques et hormonaux. Ainsi, certaines personnes y seront prédisposées malgré une hydratation rigoureuse, tandis que d’autres y échapperont.
S’il n’existe aucun remède miracle pour les effacer totalement, plusieurs solutions permettent d’en atténuer l’apparence. Les soins hydratants, les huiles végétales ou les interventions dermatologiques (laser, microdermabrasion) améliorent la texture et la pigmentation de la peau. Les spécialistes insistent toutefois sur la prévention à savoir : une hydratation constante et une gestion progressive des variations de poids restent les meilleures alliées de l’épiderme.
Au-delà de l’aspect médical, les vergetures font aujourd’hui l’objet d’un véritable mouvement social. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix s’élèvent pour normaliser ces marques de vie. Ce changement de paradigme prône une vision plus inclusive et réaliste de la beauté, loin des filtres et des peaux lisses artificielles.
Mariama Camara âgée de 16 ans se confie : « J’ai commencé à avoir des vergetures à la puberté. Au début, j’étais complexée, je fuyais les sorties à la piscine. Puis j’ai réalisé que presque tout le monde en avait. Aujourd’hui, je me concentre sur ce que mon corps me permet de faire plutôt que sur ses prétendues imperfections. »
Pour le Dr Djibril Camara, dermatologue, il est essentiel de déculpabiliser les patients : « Les vergetures sont le résultat mécanique d’un étirement cutané. Ce n’est ni une maladie, ni le signe d’une négligence. Même avec une hygiène de vie irréprochable, la génétique peut prendre le dessus. »
Le spécialiste se veut réaliste quant aux traitements : « Les crèmes peuvent améliorer l’aspect visuel, surtout au stade inflammatoire (rouge), mais elles ne supprimeront pas la trace. L’étape la plus importante du traitement reste souvent l’acceptation. »
En résumé, les vergetures sont une réalité physiologique partagée à travers le monde. Loin d’être des anomalies, elles sont les témoins de l’évolution de notre corps. Apprendre à les soigner est une option, mais apprendre à les accepter est une victoire sur les complexes, car chaque marque raconte, à sa manière, une étape de notre histoire personnelle.
Ibrahima Sory Bangoura




