Les femmes de la préfecture de Dubréka ont célébré en différé samedi, 18 avril 2026, la Journée Internationale des Femmes. Placée sous le thème « l’accès des femmes et des filles à la justice », la cérémonie a mobilisé une foule immense à la Maison des Jeunes.
La rencontre a été présidée par le Préfet de Dubréka, le Colonel Abdel Kader Mangué Camara, en présence des autorités préfectorales, communales et des chefs de quartiers. L’événement a été rythmé par des prestations théâtrales illustrant les défis quotidiens des femmes.
Prenant la parole au nom de la Direction préfectorale de la femme, de la famille et des solidarités, Fanta Djéné Diawara a souligné la pertinence du thème de cette année. Selon elle, l’accès à la justice touche au cœur des réalités locales, notamment face à la persistance des Violences Basées sur le Genre (VBG).
« En 2025, nous avons recensé 135 cas de violences dans notre préfecture. Derrière ces chiffres, se cachent des vies brisées, des familles fragilisées et des rêves anéantis »,  a-t-elle déploré.
Face à cette urgence, Mme Diawara s’est toutefois réjouie de l’existence du guichet unique VBG. Ce dispositif permet aux survivantes de bénéficier, en un seul lieu, d’une écoute, d’une orientation et d’une assistance multidimensionnelle (juridique, médicale et psychologique). Elle a néanmoins lancé un appel pressant à tous les acteurs de la chaîne judiciaire pour que ce service soit pleinement opérationnel et efficace.
Dans son allocution, le Préfet de Dubréka, le Colonel Abdel Kader Mangué Camara, a martelé que l’accès à la justice n’est pas une faveur, mais un droit fondamental.
« Les femmes rencontrent encore des obstacles culturels, socio-économiques et institutionnels majeurs. Ces barrières ne sont pas seulement des injustices individuelles, ce sont des freins au développement collectif », a-t-il affirmé.
Le Préfet a exhorté la communauté à renforcer les mécanismes juridiques, à intensifier la sensibilisation et à mieux former les acteurs judiciaires pour accompagner les femmes dans leurs démarches.
Pour clôturer la cérémonie, un hommage vibrant a été rendu aux figures historiques de la lutte pour les droits des femmes en Guinée. Le Préfet a cité en exemple des icônes telles que Hadja Mafory Bangoura, M’Balia Camara ou encore Hadja Rabiatou Serah Diallo, dont le courage doit continuer d’inspirer les générations actuelles.
Par Abdoulaye Keita