Avec l’intensification de la saison des pluies, les caniveaux ouverts de la capitale guinéenne représentent un risque majeur pour les populations. Chaque forte averse transforme plusieurs rues de Conakry en véritables pièges, où les eaux de ruissellement masquent les caniveaux, exposant piétons, motocyclistes et automobilistes à des accidents parfois graves. Les fortes pluies aggravent également les problèmes d’insalubrité et de drainage dans plusieurs quartiers de la ville.
Dans plusieurs communes de la capitale, les habitants dénoncent la présence de caniveaux non couverts, souvent invisibles sous les eaux boueuses. Les enfants, les personnes âgées et les usagers de la route figurent parmi les plus vulnérables face à ce danger. À chaque hivernage, des chutes, des blessures et des dégâts matériels sont signalés, rappelant l’urgence d’améliorer les infrastructures urbaines.
Au-delà des risques d’accidents, les caniveaux obstrués par les déchets favorisent les inondations, perturbent la circulation et augmentent les risques sanitaires. Malgré les campagnes de curage engagées par les autorités avant la saison des pluies, les défis restent importants, notamment en raison de l’accumulation des ordures et du manque d’entretien de certains ouvrages.
Les spécialistes et les acteurs de la société civile appellent à une mobilisation collective. Ils recommandent l’installation progressive de dalles de protection sur les caniveaux les plus exposés, le renforcement des opérations d’assainissement, ainsi qu’une plus grande sensibilisation des citoyens afin d’éviter le dépôt de déchets dans les ouvrages d’évacuation des eaux.
En cette période de fortes précipitations, la prudence est de mise. Les autorités sont invitées à accélérer les travaux de sécurisation des caniveaux, tandis que les usagers doivent redoubler de vigilance lors de leurs déplacements. Prévenir les accidents et limiter les inondations est une responsabilité partagée qui exige l’engagement de tous.
Selon Aïssatou Barry, vendeuse au marché de Fasia à Coyah : « À chaque grande pluie, nous vivons dans la peur. Les caniveaux sont remplis d’eau et on ne voit plus où ils se trouvent. Plusieurs personnes sont déjà tombées devant notre marché. Une fois, un client a glissé et a failli être emporté par le courant. Nous, les vendeuses, sommes obligées d’aider les passants à traverser certaines zones.
Quand il pleut, nos marchandises sont souvent endommagées par les inondations et beaucoup de clients préfèrent ne pas sortir. Nous demandons aux autorités de couvrir les caniveaux les plus dangereux et d’améliorer le drainage des eaux. Cela permettrait de protéger des vies et de préserver nos activités. »

Ibrahima Sory Bangoura