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La capitale guinéenne, Conakry, est confrontée à une insécurité grandissante. Loin d’être un simple fait divers, cette réalité est un défi majeur qui affecte le quotidien de ses habitants et entrave le développement économique et social de la cité. Les manifestations de cette insécurité sont multiples à savoir : vols à l’arraché, agressions à main armée, cambriolages et règlements de comptes.
Plusieurs facteurs expliquent cette montée de la criminalité. Notamment, la précarité économique est sans doute l’une des principales causes. Un taux de chômage élevé, chez les jeunes, pousse certains à la délinquance par désespoir. L’exode rural massif, qui entraîne une forte concentration de la population dans la capitale, accentue la pression sur les infrastructures et les services sociaux, créant un terrain propice aux tensions.
Le manque de moyens et de formation des forces de l’ordre est également un problème majeur. Souvent sous-équipées et en effectif insuffisant, elles peinent à assurer une présence dissuasive et une intervention rapide. De plus, un sentiment d’impunité se développe chez certains délinquants, qui estiment pouvoir échapper à la justice.
Les conséquences de l’insécurité sont graves et touchent tous les aspects de la vie. Sur le plan personnel, la peur et l’angoisse s’installent. La qualité de vie se détériore, les habitants limitant leurs déplacements nocturnes et évitant certains quartiers jugés dangereux. Sur le plan économique, l’insécurité freine les investissements et le commerce. Les entreprises sont réticentes à s’installer ou à se développer, tandis que les commerçants vivent avec la crainte constante d’être braqués.
La cohésion sociale est également mise à mal. La méfiance s’installe entre les citoyens, et les rumeurs d’agressions créent une psychose collective. Cette situation peut même mener à des actes d’autodéfense ou à une justice populaire, qui sont eux-mêmes des sources de violence supplémentaires. Le cas récent de l’agression du journaliste Daouda Bah, survenue le lundi 25 août 2025 à Bomboly (Conakry), illustre tragiquement cette violence où il a perdu un œil et sa moto.
Malgré ce tableau sombre, la lutte contre l’insécurité est l’affaire de tous. Il est crucial de renforcer les capacités des forces de l’ordre, mais aussi de s’attaquer aux causes profondes du problème. L’investissement dans l’éducation, la formation professionnelle et la création d’emplois est essentiel pour offrir des perspectives aux jeunes. La mise en place de programmes de développement communautaire et de sensibilisation à la citoyenneté peut également contribuer à restaurer le lien social et à encourager la vigilance collective.
La résilience et la solidarité des Conakrykas sont des atouts majeurs. En travaillant de concert, les autorités, la société civile et les citoyens peuvent transformer la capitale en un lieu plus sûr et plus serein, où la vie et l’activité économique peuvent s’épanouir sans la menace constante de la peur.
La rédaction