Face aux inquiétudes grandissantes concernant la légitimité du processus électoral en cours, deux coalitions majeures de l’opposition guinéenne, l’Alliance des Forces pour la Démocratie et le Développement (AFDD) et l’Union Sacrée des Forces Vives de Guinée (US), ont conjointement plaidé pour un report de l’élection présidentielle initialement fixée au 28 décembre 2025.
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi à la Maison de la presse, les leaders des deux alliances ont sonné l’alarme sur de graves anomalies et ont présenté ce report comme une nécessité républicaine pour apaiser les tensions et assurer une fin de transition stable.
Représentées par une dizaine de personnalités, dont le Dr Diallo Ibrahima Sory (ADC-BOC) et Abdoulaye Kourouma (RRD), les forces vives ont dénoncé un déficit criant d’inclusivité et de concertation. Elles regrettent que l’administration en charge des élections prenne des décisions majeures sans consulter les acteurs politiques clés, les plaçant devant un fait accompli.
Le point le plus épineux soulevé réside selon ces acteurs, dans la non-conformité flagrante de plusieurs dispositions du nouveau Code électoral avec la Constitution, considérée comme la Loi suprême du pays. Les coalitions citent notamment : le non-respect des garanties constitutionnelles ; des incohérences entre l’article 127 du Code électoral et l’article 45 de la Constitution concernant l’âge minimum requis pour la candidature à la présidence ; la restriction des modalités de parrainage.
L’AFDD et l’Union Sacrée ont formalisé leur requête en adressant une lettre ouverte conjointe au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Ce report est envisagé comme la meilleure voie pour : rétablir la confiance entre toutes les parties prenantes (partis politiques, société civile, partenaires internationaux) ; rouvrir un couloir de concertation permanent sur l’intégralité du processus électoral ; garantir une belle fin de transition qui assurera la stabilité politique et sociale de la Guinée après le scrutin.
Les deux alliances tiennent à souligner que leur démarche est avant tout constructive et vise à prévenir toute crise électorale potentielle.
« Notre objectif est de garantir que le futur président soit élu de manière incontestable, lui permettant de gouverner dans un climat serein au service du développement national.
Cet appel au dialogue et au réajustement du calendrier électoral est perçu comme un pas vers la maturité démocratique, privilégiant la paix civile et la légitimité du processus sur la rapidité du scrutin. Les regards sont désormais tournés vers la Présidence de la République pour une réponse qui saura rassurer l’ensemble des acteurs » ont-ils concluent.
La rédaction




