Une figure-clé de l’opposition tanzanienne, arrêtée juste avant les élections qui ont dégénéré en violences meurtrières fin octobre, a été inculpée de terrorisme, a dénoncé son parti mardi soir.
L’information, émanant de Chadema, la principale formation d’opposition tanzanienne, semble attester d’une poursuite de la répression des voix dissidentes par le régime de la présidente Samia Suluhu Hassan, laquelle avait pourtant appelé à « l’unité et la solidarité » lors de son investiture le 1er novembre.
Le président de Chadema, Tundu Lissu, a de son côté été arrêté en avril. Il attend d’être jugé pour trahison et encourt la peine de mort.
Chadema, qui a fait état de centaines de morts en trois jours de manifestations antipouvoir violemment réprimées, avait d’abord indiqué mardi avoir perdu la trace de son vice-président John Heche, détenu dans une prison de la capitale Dodoma.
Dans un post sur X, une communicante de Chadema, Brenda Rupia, a ensuite indiqué, citant des informations données par les forces de l’ordre, que M. Heche, avait « été transféré (…) de Dodoma au commissariat de police de Kinondoni » (ouest, près de Dar es Salaam) et inculpé de « participation à des actes terroristes ».
Le pays d’Afrique de l’Est a sombré le 29 octobre, jour d’élections présidentielle et législatives, dans trois journées de violences.
Chadema, a avancé le chiffre d’au moins 800 morts lors de la répression de ces manifestations anti pouvoir.
L’AFP n’a pas pu vérifier ce bilan de manière indépendante. Des sources diplomatique et sécuritaire ont cependant corroboré l’idée que des centaines, voire des milliers de personnes, avaient été tuées en marge des élections.
Mme Hassan a, selon la commission électorale, remporté le scrutin présidentiel avec près de 98% des voix, sans réels rivaux. Ce chiffre est contesté par Chadema, parti exclu du scrutin, qui dénonce des tricheries d’ampleur.
Des observateurs électoraux régionaux ont également contesté la légitimité du scrutin dans un rapport lundi.
Les autorités « ne sont pas élues (…), c’est pourquoi elles privilégient la force brute », avait observé mardi auprès de l’AFP le défenseur des droits humains Tito Magoti. « Le mandat de Samia (Suluhu Hassan) est garanti par un pistolet ».
AFP




