La Grande Mosquée Fayçal, pilier spirituel et architectural de la Guinée, est paradoxalement confrontée à une réalité préoccupante dès que l’on franchit le seuil de ses murs. Sa devanture, censée incarner le respect et l’accueil, est aujourd’hui dégradée par une insalubrité croissante et une mendicité omniprésente.
Dépôts sauvages d’ordures, pollution visuelle et manque d’entretien régulier nuisent considérablement à l’image et au caractère sacré de ce site religieux, pourtant central dans la vie communautaire.
Le problème de l’insalubrité est multi factoriel et nécessite une approche globale. Il ne suffit plus de constater, mais il est plutôt impératif de renforcer la propreté et l’entretien de la zone. Nettoyage quotidien ou bi-hebdomadaire de la devanture ; installation de poubelles en nombre suffisant et intervention rapide en cas d’accumulation d’ordures ; lancement de campagnes d’hygiène par le biais d’affiches, de messages sonores, et d’annonces après la prière, rappelant l’importance du respect des lieux de culte. La propreté étant une composante de la foi, la responsabilité incombe à chaque fidèle et visiteur.
L’explosion de la mendicité aux abords de la mosquée est le triste reflet des difficultés sociales auxquelles une partie de la population est confrontée. Hommes, femmes, et enfants sollicitent l’aide des fidèles, révélant la nécessité de dispositifs sociaux structurés dans les environs immédiats du lieu.
La mendicité est avant tout un symptôme de pauvreté, et non un choix. L’objectif n’est donc pas d’éloigner les personnes vulnérables, mais d’apporter une réponse sociale coordonnée et humaine. Cela, en agissant sur les causes profondes de la précarité pour éviter que la mendicité ne soit une fatalité ; impliquer les autorités, la direction de la mosquée, les associations et la communauté pour mettre en œuvre des solutions durables.
Le cri d’alarme du terrain
Abdoulaye Djibril Camara, agent de sécurité à la Grande Mosquée Fayçal, témoigne d’une situation qui se dégrade au quotidien : « En tant qu’agent de sécurité, je suis chaque jour témoin d’une situation de plus en plus préoccupante. La mosquée, lieu sacré de recueillement, fait face à une insalubrité qui crée des odeurs et attire des nuisibles. À cela s’ajoute une mendicité excessive où les fidèles se plaignent d’être approchés de manière insistante, perturbant l’ordre et le climat de prière. Nous faisons de notre mieux pour maintenir l’ordre, mais nous avons besoin de la collaboration de tous pour que chacun adopte un comportement responsable ».
Entre le respect dû au lieu de culte, les enjeux sanitaires majeurs et la dignité humaine, l’état actuel de la devanture de la Grande Mosquée Fayçal est un appel pressant à la prise de conscience collective.
La question posée par de nombreux citoyens guinéens comment mettre fin à ces comportements malsains ? ne trouvera de réponse que dans une action concertée impliquant les autorités locales, les responsables religieux et les acteurs sociaux. L’objectif est de restaurer l’harmonie de cet espace pour qu’il redevienne ce qu’il doit être. C’est à dire un lieu propre, apaisé et digne de son statut.
Ibrahima Sory Bangoura




