L’année 2025 restera gravée comme l’une des plus sombres pour la Fédération Guinéenne de Football (FGF). Entre guerres de leadership, blocages administratifs et interventions étatiques, l’instance faîtière a traversé une crise de gouvernance sans précédent, reléguant le sport au second plan.
Au cœur de cette tempête se trouve une lutte de pouvoir fratricide au sommet de la pyramide. En avril 2025, le comité exécutif a franchi un cap inédit en révoquant provisoirement le président Aboubacar Dinah Sampil. Cette décision, prise à l’unanimité par sept membres votants, faisait suite à des mois de griefs portant sur un manque de transparence et une gestion jugée solitaire.
La nomination de Sory Doumbouya pour assurer l’intérim n’a été qu’un pansement sur une plaie ouverte, l’institution restant suspendue à une Assemblée Générale maintes fois repoussée en raison d’audits financiers non finalisés.
Face à cette paralysie, l’État a fini par intervenir. Le ministre des Sports, Kéamou Bogola Haba, a publiquement fustigé une administration minée par les égos. Le coup de grâce administratif est survenu avec la suspension de l’agrément de la FGF par le ministère, coupant ainsi les vivres financiers à une fédération déjà aux abois. Cette rupture institutionnelle a placé la FGF dans un vide juridique, rendant chaque décision contestable et accentuant l’instabilité du football national.
L’échec sportif a fini de ternir le tableau. Après la non-qualification du Syli National pour la CAN 2025, la fédération a choisi la voie judiciaire. Contestant une irrégularité lors du match décisif contre la Tanzanie, la FGF a porté l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne, après avoir été déboutée par la CAF. Cette procédure, perçue par certains comme un baroud d’honneur, symbolise une année où les résultats se sont joués davantage dans les bureaux et les tribunaux que sur le gazon.
Cette succession de crises révocations, pressions ministérielles et litiges internationaux a mis en lumière les fragilités structurelles de la FGF. En détournant l’attention de la formation des jeunes et de la professionnalisation des clubs, ces querelles ont freiné l’élan du football guinéen.
L’année 2026 s’annonce comme celle de la dernière chance. Sans une refondation profonde, une transparence accrue et une véritable réconciliation entre les acteurs, la FGF risque de s’enferrer dans ses vieux démons. L’enjeu est désormais de restaurer la confiance des supporters et de redonner au Syli National la stabilité nécessaire à son renouveau.
Ibrahima Sory Bangoura




