Dans la commune de Gbéssia, le chantier de modernisation du terrain de football de SOGUICO est au point mort. Entre désaccords techniques et incertitudes de financement, les jeunes sportifs de Yimbaya voient leur principal espace de loisirs transformé en terrain vague, suscitant une vive inquiétude au sein de la communauté.
Considéré comme l’un des poumons sportifs du quartier, le terrain de SOGUICO est, depuis des décennies, le point de ralliement des académies locales et des tournois inter-quartiers. Le projet d’aménagement initialement lancé visait à transformer cette aire de jeu en une infrastructure moderne, adaptée aux ambitions des jeunes talents de la capitale. Pourtant, après quelques semaines d’activité, les engins se sont tus, laissant place à l’abandon.
Selon des sources locales, le blocage résulterait d’un différend sur la configuration finale de l’ouvrage. Tandis que les encadreurs sportifs exigent le maintien de dimensions standards pour le football à onze, d’autres propositions suggèrent une réduction de l’espace. À cela s’ajouteraient des zones d’ombre concernant le financement des dernières phases du projet.
Pour Mamadou Diallo, entraîneur d’une équipe de jeunes à Yimbaya, l’urgence est sociale : « C’est ici que nous encadrons les enfants après l’école pour leur transmettre les valeurs du sport. Aujourd’hui, ils n’ont plus d’espace pour s’entraîner correctement. Certains commencent à se décourager, et c’est précisément ce que nous voulions éviter en les occupant positivement », déplore-t-il.
Le sentiment de frustration est partagé par les autorités locales. Elhadj Alpha Keita, chef de quartier de SOGUICO, multiplie les démarches pour dénouer la situation : « Ce terrain est un vecteur de cohésion sociale. Nous avons interpellé les autorités communales pour comprendre les raisons de cet arrêt. Nous voulons que ce projet soit finalisé pour le bien-être de notre jeunesse ; c’est un investissement crucial pour l’avenir de nos enfants ».
Face à l’expectative, les acteurs sportifs et les résidents de Gbéssia lancent un appel pressant aux responsables du projet. La reprise rapide des travaux est désormais perçue comme un impératif, non seulement pour le développement du sport de masse, mais aussi pour la prévention de la délinquance juvénile dans la zone.
Ibrahima Sory Bangoura




