Charles Mohamed Kolié, affectueusement surnommé  « Charles Continuité dans la Paix », coordinateur communal des jeunes et femmes de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) à Dixinn, a brisé le silence. Lors d’un entretien exclusif accordé à notre rédaction, il a fustigé la gestion actuelle de la commune, pointant du doigt des pratiques discriminatoires qui menacent l’unité du mouvement.

Pour Charles Mohamed Kolié, la situation à Dixinn est alarmante. C’est pourquoi, il n’a pas hésité de dénoncer une injustice à ciel ouvert orchestrée, selon lui, par le président de la délégation spéciale (PDS) et la directrice du directoire de campagne de la commune.
Ancien coordinateur communal du RASDEN (Rassemblement des Associations et Mouvements pour le Développement de la Nation), M. Kolié rappelle l’engagement sans faille de sa structure : « Nous avons été la seule entité nationale à mener une pré-campagne intensive un mois avant les échéances. Nous avons installé des antennes dans les 22 quartiers de Dixinn et érigé à l’Héliport (Bellevue) le plus grand village de campagne de Guinée, un espace de 150 m² dédié à la mobilisation ».

Malgré ce déploiement logistique et humain, le coordinateur déplore son éviction des instances décisionnelles. Après avoir officiellement fusionné le RASDEN au sein de la GMD suite à l’appel du premier ministre, il constate avec amertume son exclusion du pools technique composé de 20 membres.

« On nous a informés un matin qu’une mission validait la liste des membres fondateurs chez Mme. Fatou Sikhè Camara, et mon nom n’y figurait pas. C’est une insulte au travail de terrain que nous avons fourni pour la victoire de la GMD et du Président Mamadi Doumbouya ».
M. Kolié va plus loin en pointant du doigt, le PDS de Dixinn de rouler pour ses propres intérêts. Selon lui, le maintien des directoires de campagne, alors que leur mission est terminée, bloque l’émergence d’une nouvelle dynamique inclusive.

« Les présidents de délégations spéciales travaillent pour leur propre maintien au pouvoir. Si un PDS souhaite se porter candidat, il doit démissionner pour affronter les autres militants à armes égales. Tant qu’ils restent en poste tout en contrôlant les structures du parti, c’est une injustice entretenue qui nuit gravement à l’image du Chef de l’État ».

Face à cet acte de mort programmée de la GMD à Dixinn, Charles Mohamed Kolié en appelle à l’arbitrage des hautes autorités. Il sollicite l’intervention du premier ministre pour dissoudre les anciens directoires dont la mission est arrivée à terme; mettre en place un organe inclusif intégrant les véritables acteurs de terrain (jeunes et femmes); et enfin, fédérer les énergies sans discrimination en vue des prochaines échéances électorales communautaires, réputées plus complexes que la présidentielle.

Pour le coordinateur, l’urgence est de restaurer la méritocratie au sein du mouvement pour garantir une victoire éclatante et incontestable dans la commune qui abrite la résidence présidentielle.

Naby Moussa Soumah