La question de l’examen du Certificat d’Études Élémentaires (CEE) en Guinée est au cœur des débats. Dans une interview accordée à notre quotidien en ligne aubeafrique.com, Mme Kenssa Camara, directrice de l’école primaire de Madina à Forécariah, a exprimé son soutien au maintien de cet examen. Au-delà de cette position, elle a également insisté sur la nécessité de qualifier le système éducatif et de renforcer l’implication des parents d’élèves.
À l’approche de la rentrée des classes, prévue pour le 6 octobre 2025, l’école de Madina se prépare. « Nous avons d’abord procédé à la pulvérisation de l’établissement, car il est un peu éloigné de la ville et les conditions pendant la saison des pluies sont difficiles. Nous avons également mis à jour nos documents administratifs et nettoyé les salles de classe, » a expliqué la directrice.
Côté personnel, Mme Camara a souligné la stabilité de son équipe pédagogique : « J’ai douze enseignants, dont cinq femmes. Contrairement à l’année dernière, nous n’avons pas besoin de recruter. L’école dispose de neuf salles pour onze groupes pédagogiques, répartis entre les cours du matin et deux groupes l’après-midi. »
Elle a également rappelé la performance de son établissement au dernier examen d’entrée en 7ème année : « Nous avons eu 19 admis sur un effectif de 45 élèves inscrits. Le taux de réussite était satisfaisant. Les frais de l’APAE sont fixés à 8 000 francs guinéens par élève. »
Mme Camara a détaillé le processus d’inspection mensuelle de son école : « Dès la rentrée, nous recevons les inspecteurs pour une évaluation diagnostique. Ils vérifient la propreté de l’école et des salles avant le début des cours. Ensuite, ils reviennent pour s’assurer que les enseignants sont en situation de classe et que les cours ont bien démarré. »
Pour la directrice, l’évaluation formative est la clé de la réussite. Elle a conseillé aux enseignants de redoubler d’efforts pour suivre leurs élèves. « Si l’enseignant ne suit pas l’enfant, il y aura un échec en fin d’année. Dès le début, il faut connaître le niveau de l’élève pour mieux l’accompagner et atteindre un taux de réussite de 80 à 90 %. »
Pour le Maintien du Certificat d’Études Élémentaires, la directrice a plaidé avec ferveur pour le maintien de cet examen, estimant que son retrait serait une erreur. « Je ne suis pas favorable à la suppression de cet examen. Dans les régions reculées, beaucoup d’enfants ont du mal à s’exprimer correctement en français, la langue d’apprentissage, contrairement à ceux des grandes villes qui sont scolarisés plus tôt et mieux encadrés. »
C’est pourquoi, Mme Camara a lancé un appel aux autorités pour une approche plus réaliste de l’enseignement. « Je demande au ministre de l’Éducation de prendre en compte les réalités de notre pays pour que les élèves ne bâclent pas leurs études. Généralement, les élèves guinéens n’étudient que pendant les années d’examen, et c’est un constat que je fais en tant que parent d’élève et enseignante. »
Elle a également salué les efforts du gouvernement du CNRD, sous la direction du Général Mamady Doumbouya, pour les améliorations apportées au système éducatif, notamment en matière de formation, d’infrastructures et d’innovations.
Enfin, elle a exhorté les parents à s’investir davantage dans l’éducation de leurs enfants. « Je leur dirais de prendre soin de leurs enfants et de les encadrer. S’ils ne peuvent pas se payer un répétiteur, qu’ils les confient à l’école pour des cours de révision réguliers. J’aimerais aussi dire aux élèves d’aimer leurs cahiers comme ils aiment leurs téléphones portables, » conclut-elle.
Arafan Condé





