L’État guinéen a lancé, ces derniers jours, une vaste campagne de déguerpissement le long des axes routiers de Conakry. Cette initiative gouvernementale vise à prévenir les risques liés à l’occupation anarchique du domaine public. Pour les commerçants déguerpis, le manque de places dans les marchés urbains reste la principale raison de cette installation précaire sur les trottoirs.

Pour remédier à cette situation, l’administratrice du marché Sinfonia Casse, Mme. Adama Hawa Camara, invite les victimes de ces opérations à rejoindre son centre commercial. Elle rappelle d’ailleurs l’origine de cet espace : « En 2021, j’ai mobilisé un groupe de femmes pour solliciter l’aide du gouverneur de la ville d’alors, feu M’Bemba Bangoura, afin d’obtenir cet endroit pour notre quartier. Depuis, des hangars, des magasins, une mosquée et des fosses septiques y ont été construits. »

Cependant, Mme. Camara souligne que le marché peine à faire le plein à cause de défis structurels majeurs. Notamment, le manque de tables de vente, l’absence d’aires de débarquement pour les produits et le mauvais état des voies d’accès.

Mme. Aissatou Barry, commerçante dans ledit marché, abonde dans le même sens. Elle pointe du doigt l’absence de chambres froides pour la conservation du poisson et l’enclavement du site.

« Les véhicules transportant nos marchandises s’arrêtent à Sinfonia Gare à cause de l’état de la route. Nous sommes obligées de payer un transport supplémentaire pour acheminer les produits jusqu’ici. Cela se répercute directement sur le prix de vente », explique-t-elle.
Ces difficultés logistiques découragent de nombreux vendeurs qui préfèrent alors s’installer au bord des grandes routes, malgré les risques.

Face à ces défis, les femmes du marché de Sinfonia Casse sollicitent l’appui des autorités de la transition. Elles demandent un aménagement urgent des routes d’accès et une dotation en équipements (tables, électricité, stockage) pour offrir une alternative viable aux victimes du déguerpissement.

Abdoulaye Keita