C’est peut-être la fin de la milice Mobondo dans l’ouest de la République Démocratique du Congo. Le ministre congolais des anciens combattants s’est rendu dans la province de Kwango afin de les convaincre de rendre les armes après quatre ans de rébellion.
Dans un effort pour restaurer la paix dans la province de Kwango, à l’est de Kinshasa, le ministre des Anciens combattants a entrepris un périple de quatre jours à travers des routes difficiles. Cette région est en proie à la rébellion Mobondo depuis quatre ans, une milice communautaire responsable de nombreuses attaques.
Ce voyage, sous forte escorte, marque une première pour les autorités, qui n’avaient jamais pénétré cette zone depuis le début des troubles. « Nous sommes dans une zone où aucune autorité n’est arrivée depuis que ce phénomene a commencé. Nous espèrons que ce sera la fin de ce phénomène. Vous ne voulez pas de la présence des militaires. C’est bien, d’ailleurs ils estiment qu’ils perdent du temps ici plutôt que d’aller affronter l’armée rwandaise dans l’est du pays  » explique le ministre congolais chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe.
La rébellion Mobondo trouve ses racines dans un conflit foncier entre les communautés Teke et Yaka. Les tensions ont éclaté lorsque les chefs traditionnels Teke ont augmenté les redevances foncières, passant d’un à cinq sacs. Cette décision a provoqué la colère des Yaka, exacerbée par le meurtre de l’un des leurs, Blaise, par le fils d’un chef Teke. L’arrestation et le déplacement forcé de la famille de Blaise ont envenimé la situation, conduisant à la formation de la milice Mobondo.
« Les Ba Teke ont commencé à exiger cinq sacs de redevances coutumières au lieu d’un sac comme d’habitude. Nous leur avons proposé deux sacs mais ils ont refusé. Fâché, le fils du chef Teke a tué par fusil notre frère Blaise. »
Thomas Makambu, initiateur de la milice Mobondo
Thomas Makambu est considéré comme l’initiateur de la milice Mobondo. À 73 ans, il a fabriqué des fétiches pour protéger ses combattants des balles ennemies. Il attribue également l’insurrection à la vente de terres à l’ancien président Joseph Kabila et à ses alliés, perçus comme proches des Rwandais. Cette vente a entraîné l’expulsion des cultivateurs Yaka, alimentant davantage le ressentiment.
Vers une réconciliation ?
 
Lors de sa visite, le ministre chargé des anciens combattants, Eliezer Ntambwe a assisté à des cérémonies de remise des armes dans plusieurs villages, prônant un message de paix. La population, soulagée, et les combattants Mobondo se montrent réceptifs à l’idée d’intégrer l’armée nationale congolaise. « Comment Mobondo a commencé à Kwamouth ? C’était quand les Bateke ont vendu tout l’espace à Joseph Kabila. Et ils ont demandé à tout le monde d’évacuer les terrains qu’il avait acheté. Alors nous nous  sommes posés la question. Pourquoi quitter ? » raconte Jean Nsalala, un combattant Monbondo.
Plus de 500 jeunes ex-Mobondo ont déjà été regroupés en périphérie de Kinshasa, où ils se voient offrir une formation militaire ou professionnelle, selon leur choix. Plusieurs se déclarent prêts à aller se battre dans l’Est du pays.
TV5MONDE