Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné ce samedi 9 août, dans la soirée, les déclarations faites plus tôt dans la journée par Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, qui exprimait l’opposition de Téhéran à la décision du gouvernement de Beyrouth de désarmer le Hezbollah. Il a dénoncé une ingérence « inacceptable » dans les affaires intérieures du Liban.
Le ministère des Affaires étrangères demande aux autorités iraniennes de « se concentrer sur les problèmes de leur propre peuple » et refuse toute « ingérence, diktat ou pression ».  En exprimant pour la deuxième fois en une semaine son opposition au désarmement du Hezbollah, l’Iran embarrasse le parti chiite qui se défend d’être un simple proxy de la République islamique.
« La République islamique d’Iran est certainement opposée au désarmement du Hezbollah, car l’Iran a toujours aidé le peuple libanais et la Résistance, et continue de le faire », a affirmé ce samedi Ali Akbar Velayati, un conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’un entretien à l’agence Tasnim.
Le Hezbollah, toujours soumis aux pressions de l’Iran
Cependant, les discours politiques de l’Iran et celui du Hezbollah sont sur la même longueur d’onde. Cette affaire montre que le parti chiite continue d’être soumis à de fortes pressions de la part de Téhéran qui s’accroche à ses alliés régionaux en dépit des sévères coups qui leur ont été assénés par Israël ces derniers mois.
Après l’assassinat du chef historique du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2024, et de la plupart de ses commandants militaires, l’Iran aurait joué un rôle important dans la réorganisation du parti chiite. Téhéran aurait également versé des dizaines de millions de dollars au Hezbollah pour l’aider à répondre aux besoins immédiats des chiites déplacés par la guerre.
Au Liban, certains milieux politiques affirment que le Hezbollah est désormais sous la tutelle de l’Iran et que la marge de manœuvre de la direction actuelle est plus étroite qu’auparavant.
RFI