Avec l’appui du ministère de la Culture, du tourisme et de l’artisanat à travers le fond de développement des arts et de la culture, une forte délégation d’artistes et de hauts cadres du ministère participeront à la 40eme édition du plus grand festival d’Amérique du Nord le Festival Nuits d’Afrique de Montréal.
AK, SOUL BANGS, MANAMBA KANTE, SIA TOLNO ET MOUSSA MBAYE DU MYTHIQUE GROUPE DEGG J ET À LEUR TÊTE MR MALICK KEBE DIRECTEUR GÉNÉRAL DU FODAC honoreront et célébreront la contribution inestimable de notre compatriote LAMINE TOURÉ PRESIDENT-FONDATION DU DIT FESTIVAL.
L’idée de dialogue interculturel a toujours été au cœur du Festival international Nuits d’Afrique, qui célèbre ses 40 ans cette année. Lamine Touré, né en Guinée, a été le moteur de la création du rendez-vous des musiques africaines et afrodescendantes, mais il a toujours pu compter sur Suzanne Rousseau, une Québécoise de Trois-Rivières. Souvenirs croisés.
Près de l’entrée, à l’intérieur du Balattou, il y a une porte coussinée rouge où il est écrit « privé ». Le bureau des patrons, déduit-on. Sauf que ce n’est pas là qu’on a le plus de chances de tomber sur Lamine Touré.
L’âme du Balattou et du Festival international Nuits d’Afrique, celui qu’on surnomme « le baobab de nuit de Montréal », se tient depuis toujours à l’entrée du club. Dehors, les fesses sur le rebord de la vitrine, les jours de beaux temps, comme en ce jeudi ensoleillé de juin.
Touré est là tous les soirs. Il accueille le public, il accueille les artistes et il explique les différentes musiques africaines, comment elles se sont rendues à Haïti, au Brésil ou à Trinité. Il fait les connexions culturelles.
 Suzanne Rousseau, partenaire d’affaires de Lamine Touré des quatre dernières décennies
Le nom de Lamine Touré est indissociable de Nuits d’Afrique et du Balattou. Il en est le pilier. Sa contribution sera d’ailleurs célébrée lors d’un concert hommage le 11 juillet au MTelus.
Il n’a toutefois pas tout bâti seul. Suzanne Rousseau est à ses côtés depuis 1985. « Je savais où je m’en allais, mais mes idées à moi venaient de l’extérieur, justifie-t-il. Il fallait [m’associer] à des Québécois pour les emmener ici, pour les adapter. »
Lamine Touré avait déjà parcouru l’Europe comme danseur et chorégraphe professionnel avant d’arriver à Montréal, en 1974. Il a exploité un établissement appelé le Café Créole pendant quelques années et a par la suite lancé une manufacture de vêtements. Il avait mis son art de côté en s’installant ici, mais allait parfois donner un coup de main à un professeur de danse africaine. C’est là qu’il a fait la connaissance de Suzanne Rousseau.
Lamine Touré et Suzanne Rousseau font équipe depuis le milieu des années 1980 au Balattou, puis au Festival international Nuits d’Afrique.
« J’étudiais à l’université, mais je me cherchais un peu. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire comme travail, mais quand je suis arrivée à Montréal, j’étais émerveillée par le côté multiculturel, se rappelle celle qui arrivait de Trois-Rivières. Mes amis venaient de toutes sortes de cultures. »
La jeune femme avait envie de parcourir le monde, et en lançant la Balattou avec Lamine Touré en 1985, elle a eu soudain le sentiment de voyager tous les jours de sa vie. « C’est au Balattou que j’ai connu l’Afrique, je te jure, dit aussi son vieil ami guinéen. C’est grâce à tous les gens qui venaient, à chaque nouvelle vague d’immigration, avec leur culture et leur mentalité. »
L’ouverture comme plan d’affaires
Il a été clair dès le départ que le Balattou ne serait pas seulement un refuge pour les expatriés africains. L’endroit devait être un lieu d’échange et de connexion tant pour les gens nés ici que ceux venus d’ailleurs. Or, cette belle idée se butait à une limite légale : les mineurs n’ont pas le droit d’entrer au club, qui sert bien sûr de l’alcool. « On ne pouvait pas toucher la relève », dit Lamine Touré.
Il a compris qu’il lui fallait sortir la culture africaine du Balattou pour toucher un plus vaste public, dont les enfants métissés ou issus de l’immigration.
En 1987, moins de deux ans après l’ouverture du club, les deux partenaires lancent le Festival international Nuits d’Afrique. Sur le boulevard Saint-Laurent, en face du Balattou.
Suzanne Rousseau se rappelle que les premières années ont été difficiles sur le plan financier. Les caisses du festival étaient renflouées par le Balattou. Sur le plan musical, par contre, les choses bougeaient. Les oreilles d’un plus vaste public s’ouvraient, notamment grâce à la création de l’étiquette Real World, consacrée aux « musiques du monde », par Peter Gabriel.
« Il a amené sur les scènes internationales des gens comme Papa Wemba et Youssou N’dour, qui n’étaient pas connus, mais qui jouaient déjà ici, tient à rappeler la directrice générale de Nuits d’Afrique. On a formé le public avec des musiques de haut calibre, on a fait partie de cette mouvance. »
Cette mise en valeur et cette éducation aux musiques africaines faites au cours des quatre dernières décennies demeurent une grande fierté pour la directrice générale de Nuits d’Afrique. « La scène locale a grandi avec nous », se réjouit Suzanne Rousseau, qui la stimule avec le concours annuel des Syli d’or, depuis 2007. « Il y a tellement de bons artistes ici maintenant. Il faut savoir choisir, car il y en a ici qui sont bien meilleurs que ceux qui viennent d’ailleurs, s’exclame Lamine Touré. Je suis tellement fier de Montréal ! »
Le Festival international Nuits d’Afrique se tient du 7 au 19 juillet. La Guinée rend hommage au baobab de nuit de Montréal, le 11 juillet au MTelus.