Bien avant le lever du soleil, de nombreuses femmes commerçantes sont déjà en route vers les marchés de gros ou les zones d’approvisionnement. Pour ces vendeuses, partir très tôt est souvent la seule façon d’obtenir des produits frais à des prix abordables avant le début de la journée de vente.
Mais ces déplacements matinaux s’accompagnent de nombreuses difficultés. L’obscurité, le manque de moyens de transport, le mauvais état de certaines routes, particulièrement pendant la saison des pluies, ainsi que le coût croissant du transport compliquent leur quotidien. À cela s’ajoute le sentiment d’insécurité que plusieurs disent ressentir lorsqu’elles traversent des rues encore désertes.
« Nous quittons parfois la maison à trois ou quatre heures du matin pour avoir les meilleures marchandises. À cette heure-là, il est difficile de trouver un véhicule et nous avons souvent peur de circuler seules », confie une vendeuse rencontrée dans un marché de Conakry.
Outre les difficultés de déplacement, les commerçantes doivent aussi faire face à la hausse des prix des produits, qui réduit leurs marges bénéficiaires. Beaucoup expliquent qu’elles sont contraintes de travailler davantage pour subvenir aux besoins de leurs familles, malgré des revenus parfois insuffisants.
Les associations de commerçants appellent à des mesures visant à améliorer les conditions de travail des femmes, notamment un meilleur accès aux transports aux premières heures de la journée, le renforcement de la sécurité sur les principaux axes routiers et l’amélioration des infrastructures menant aux marchés.
Malgré ces défis, les femmes vendeuses continuent de jouer un rôle essentiel dans l’approvisionnement des marchés et dans l’économie locale. Leur détermination et leur courage permettent chaque jour à des milliers de familles de trouver les produits dont elles ont besoin, tout en assurant la subsistance de leurs propres foyers.
Pour Mme Bangoura Mamaïssata Camara, vendeuse au marché du Km 36: « Je m’appelle Mamaïssata Camara et je vends des produits alimentaires au marché du Km 36. Tous les jours, je quitte la maison très tôt, parfois avant 4 heures du matin, pour aller chercher mes marchandises. Si j’arrive en retard, je ne trouve plus les meilleurs produits ou les prix sont déjà plus élevés.
Le trajet est souvent difficile. Il fait encore nuit, les moyens de transport sont rares et, pendant la saison des pluies, certaines routes sont en mauvais état. Nous avons aussi peur pour notre sécurité lorsque nous nous déplaçons à ces heures.
Malgré toutes ces difficultés, nous continuons à travailler parce que nos familles dépendent de ce commerce. Nous souhaitons que les autorités améliorent les conditions de transport et renforcent la sécurité afin que nous puissions exercer notre activité dans de meilleures conditions. »

Ibrahima Sory Bangoura