Avec l’installation de la saison des pluies, plusieurs grands marchés de la capitale guinéenne, notamment Madina, Niger, Koloma, Enta et Matoto, sont confrontés à de nombreuses difficultés. Entre les chaussées glissantes, les caniveaux débordés, les inondations et les risques d’accidents, commerçants et clients expriment une vive inquiétude.

À Madina, le plus grand marché du pays, les fortes pluies transforment certaines allées en véritables mares d’eau, compliquant les déplacements et perturbant les activités commerciales. Les commerçants craignent également des pertes de marchandises à cause des infiltrations d’eau, tandis que les acheteurs redoutent les chutes, les vols favorisés par les mouvements de foule et les difficultés d’accès. Les premières pluies de la saison ont de nouveau mis en évidence les problèmes d’insalubrité et de drainage dans plusieurs secteurs de Conakry.
Dans plusieurs marchés de proximité, les citoyens dénoncent l’état des infrastructures. Les caniveaux obstrués, les déchets accumulés et le manque d’aménagement aggravent les risques sanitaires et sécuritaires. Les vendeurs estiment que ces conditions découragent une partie de la clientèle, avec un impact direct sur leurs revenus.
« À chaque pluie, nous avons peur pour nos marchandises et pour notre sécurité. Les clients hésitent à venir et nous subissons d’importantes pertes », confie un commerçant rencontré au marché de Koloma.
Face à cette situation, les citoyens appellent les autorités locales à renforcer l’entretien des caniveaux, améliorer le système de drainage et sécuriser les principaux marchés de la capitale pendant toute la saison des pluies. Ils souhaitent également une meilleure organisation des espaces de vente afin de limiter les risques d’accidents et de faciliter la circulation.
Alors que les prévisions annoncent la poursuite des précipitations, les habitants espèrent des mesures concrètes pour protéger les populations et préserver les activités économiques, essentielles à la vie de milliers de familles conakrykas.
Selon Aïssatou Camara, vendeuse au marché de Matoto: « Dès qu’il pleut, nous vivons dans la peur. L’eau envahit les allées du marché et il devient très difficile de circuler. Les clients viennent moins nombreux, et ceux qui se déplacent risquent de glisser ou de tomber. Nous craignons aussi pour nos marchandises, car certaines sont endommagées par l’eau. Nous demandons aux autorités d’améliorer les caniveaux et de rendre le marché plus sûr pendant la saison des pluies. Nous travaillons ici pour nourrir nos familles, mais chaque forte pluie devient une véritable épreuve. »
Pour cet administrateur du marché de Matoto: « Chaque saison des pluies représente un défi pour la gestion du marché. Nous constatons que certaines allées sont rapidement inondées, ce qui complique les déplacements des commerçants et des clients. Nous sensibilisons régulièrement les usagers à ne pas obstruer les caniveaux avec des déchets et nous signalons les difficultés aux autorités compétentes. Notre priorité est d’assurer la sécurité des personnes et de maintenir les activités commerciales dans les meilleures conditions possibles. Nous espérons que des travaux d’assainissement et d’amélioration des infrastructures seront réalisés afin de réduire les risques liés aux fortes pluies. »
Ibrahima Sory Bangoura