Anciennement rattaché à la sous-préfecture de Kindiadi (Dubréka), le quartier Kakoulima, désormais intégré à la commune urbaine de Manéah dans le cadre du projet Grand Conakry, entame une mutation profonde. Sous la direction de son chef de quartier, M. Bamba Kaba, une vaste opération de restructuration et de sécurisation du patrimoine foncier public est engagée pour pallier le déficit d’infrastructures de base.
Dès leur installation, les nouvelles autorités locales ont fait de la gestion du foncier leur cheval de bataille. Pour améliorer la gouvernance de proximité, le quartier a d’abord été réorganisé, passant de quatre à six secteurs. Cependant, le défi majeur reste la récupération des domaines de l’État illégalement occupés.
Selon M. Bamba Kaba, le constat de départ était alarmant : « Nous avons commencé par identifier tous les équipements de notre localité. En collaboration avec l’inspection régionale de l’habitat de Conakry et la commission aménagement de la commune de Manéah, nous avons tenté de répertorier le domaine public. Nous avons malheureusement réalisé que la plupart de ces espaces ne disposaient d’aucun document administratif permettant leur sécurisation immédiate », explique-t-il.
Malgré ces obstacles documentaires, les démarches actives auprès de la direction préfectorale de l’habitat de Dubréka ont porté leurs fruits. En s’appuyant sur le plan cadastral, les autorités locales ont réussi à sécuriser un site de 12 parcelles.
Cette victoire foncière a permis à Kakoulima de bénéficier du projet présidentiel de construction d’écoles de type Barry Diawadou. « La commune peinait à trouver des sites disponibles. Grâce à notre intervention, le dossier a été transmis au ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire. Aujourd’hui, notre quartier bénéficie de la réalisation d’un complexe secondaire (collège et lycée), incluant des logements pour enseignants et un laboratoire de chimie moderne », se réjouit-il.
Dans la même dynamique, cinq salles de classe d’une école franco-arabe, initialement construites par des partenaires turcs au sein d’une mosquée, ont été récupérées. Par ailleurs, six parcelles ont été sécurisées pour la future construction d’un centre de santé, tandis que des procédures sont en cours pour récupérer 14 autres parcelles indûment occupées par un particulier.
Si le bilan foncier est encourageant, les défis restent immenses pour les habitants de Kakoulima. Le quartier souffre d’un enclavement sévère dû au mauvais état des voiries, d’un manque criant d’accès à l’eau potable et de l’absence d’espaces de loisirs.
Sur le plan sécuritaire, le chef de quartier plaide pour l’installation de postes de police ou de gendarmerie afin de protéger les citoyens et leurs biens. M. Bamba Kaba lance donc un appel pressant aux autorités nationales pour accompagner ces efforts locaux par des investissements structurels, garantissant ainsi le bien-être durable de la population de Manéah.
Abdoulaye Keita




