Artiste incontournable de la scène musicale africaine, Sia Tolno s’impose depuis plusieurs années comme une ambassadrice de la culture guinéenne à l’international. Entre modernité et traditions, elle trace un chemin artistique singulier, porté par des messages forts et une identité assumée. Dans cet entretien, elle revient sur ses inspirations, ses défis et son engagement envers la jeunesse.
Qu’est-ce qui t’inspire le plus dans la création de tes chansons ?
Sia Tolno: La création est une thérapie pour moi qui m’aide à évoluer tout les jours et aussi aider d’autres personnes. Parceque, c’est des émotions, la vie d’abord, c’est des émotions. Donc, c’est une manière d’exister et passer aussi la joie aux autres et aider les autres moralement et de communiquer.
L’inspiration est profondément enracinée dans la vie quotidienne et l’histoire de mon pays.
Mes chansons naissent de ce que je vois, de ce que je ressens, et surtout de ce que vivent les femmes et les jeunes en Afrique. La musique devient ainsi un moyen d’expression et de transmission.
Quels sont les plus grands défis pour toi en tant qu’artiste guinéenne sur la scène internationale?
D’abord c’est d’être une femme. Quand ont n’est une femme, beaucoup de choses semblent très long et difficile. Parceque, il y’a beaucoup de jugement dans notre métier surtout. Et le défis aussi d’avoir une famille entant que femme. Avec la musique a côté et de voyage aussi à côté.
S’imposer à l’international n’est pas sans obstacles. Le manque de visibilité des artistes africains, les barrières culturelles et parfois les stéréotypes. Les difficultés liées à l’industrie musicale, comme l’accès aux réseaux de diffusion et de production. Il faut travailler deux fois plus pour se faire entendre.
Comment intègres-tu les sonorités traditionnelles guinéennes dans ta musique moderne ?
La richesse culturelle guinéenne est au cœur de l’identité musicale. Je mélange habilement les rythmes traditionnels comme ceux du djembe ou des chants mandingues avec des influences modernes telles que la pop, le reggae ou l’afrobeat. Cette fusion me permet de préserver les racines tout en m’adaptant à un public global. « C’est ma manière de faire voyager la Guinée à travers le monde ».
Quel message veux-tu transmettre à la jeunesse africaine, notamment guinéenne ?
Mon message est clair : croire en soi, persévérer et valoriser mes origines. J’encourage les jeunes à s’éduquer, à rester fiers de leur culture et à ne pas abandonner face aux difficultés. « L’Afrique a un potentiel immense, et la jeunesse en est la clé ». À travers mes chansons, je prône l’espoir, la résilience et l’unité.
Quelle différence vois-tu entre les artistes guinéens et les autres ?
Pour moi, les artistes guinéens possèdent une authenticité et une richesse culturelle uniques. Toutefois, ils manquent souvent de structures solides pour accompagner leur développement. J’estime que le talent est bien présent, mais que l’encadrement et les opportunités doivent être renforcés pour rivaliser pleinement sur la scène internationale.
Comment vous arrivez à concilier votre foyer et la musique?
Concilier le foyer et la musique, ce n’est pas une question d’équilibre parfait ça n’existe presque jamais mais plutôt d’organisation, de priorités et d’adaptation constante. Beaucoup d’artistes, y compris moi, j’évoquent cette réalité : il faut apprendre à naviguer entre responsabilités personnelles et passion.
D’abord, tout commence par la gestion du temps, planifier ses journées permet de réserver des moments précis pour la création (écriture, répétitions, studio) sans négliger la famille. Même de courtes sessions régulières peuvent être très productives si elles sont bien utilisées.
Ensuite, le soutien de l’entourage joue un rôle essentiel. Que ce soit le partenaire, la famille ou même des amis, avoir des personnes qui comprennent ton engagement artistique peut alléger énormément la charge mentale. Sans ce soutien, tout devient plus lourd.
Il faut aussi accepter une certaine flexibilité. Il y aura des périodes où la musique prendra plus de place (concerts, enregistrements), et d’autres où le foyer passera en priorité. L’important, c’est d’assumer ces phases sans culpabiliser.
Votre liens avec le ministère de la culture?
Les liens avec le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de Guinée sont réels, mais ils ne sont pas permanents comme un poste officiel. Il s’agit surtout de collaborations, de partenariats et d’engagements culturels.
Je travaille ponctuellement avec le ministère, notamment dans le cadre d’initiatives nationales. Par exemple, mon projet “Rose Espoir”, dédié à la lutte contre les cancers féminins, a été lancé avec l’appui officiel du ministère de la Culture, en collaboration avec d’autres départements de l’État.
Dans ce type d’action, le ministère joue souvent un rôle de coordination et de soutien institutionnel.
Même sans être fonctionnaire, je suis toujours considérée comme une ambassadrice culturelle. À travers ma musique (afrobeat, sonorités mandingues, etc.), je contribue le rayonnement de la Guinée à l’international. C’est pour cela que les autorités culturelles collaborent avec moi lors d’événements, concerts officiels ou campagnes nationales.
Un message pour tes fans ?
J’adresse un message rempli de gratitude : « Merci pour votre soutien, votre amour et votre fidélité. C’est grâce à vous que je continue à avancer. Restez connectés, car le meilleur reste à venir. » Elle invite également ses fans à continuer de croire en leurs rêves, tout comme elle.
Ibrahima Sory Bangoura




