À École nationale des régies financières (ENAREF) au Burkina Faso, plusieurs étudiants guinéens en formation dans le domaine des finances publiques traversent une situation particulièrement préoccupante. En cause : le non-paiement du complément de leur bourse et l’absence d’assistance maladie, qui plongent ces jeunes dans une précarité croissante.
Des bourses incomplètes, une vie étudiante fragilisée, inscrites dans cet établissement de référence pour la formation des cadres en finances publiques, ces étudiants affirment ne pas avoir reçu leurs complément de bourse. Le complément de bourse, qui est censé de couvrir des dépenses essentielles comme le logement, la nourriture et le transport, tarde à être versé depuis plusieurs mois.
Conséquence : certaines peinent à subvenir à leurs besoins quotidiens. Entre loyers impayés et alimentation réduite au strict minimum, leur quotidien est devenu un véritable combat.
« Nous sommes venues étudier pour construire notre avenir, mais aujourd’hui, nous luttons juste pour survivre », confie une étudiante sous couvert d’anonymat.
Une absence d’assistance médicale inquiétante, au-delà des difficultés financières, la question de la santé constitue une autre source d’angoisse. Selon les témoignages recueillis, les étudiants ne bénéficient d’aucune couverture médicale effective.
Dans un contexte où les soins de santé peuvent être coûteux, cette absence d’assistance expose ces jeunes à des risques importants. Certaines affirment renoncer à se soigner faute de moyens.
« Quand on tombe malade, on est obligé de se débrouiller seules. Parfois, on préfère supporter la douleur plutôt que d’aller à l’hôpital », explique une autre témoin.
La situation est d’autant plus critique que ces étudiants vivent loin de leur pays d’origine, la Guinée. Sans soutien familial direct, elles dépendent largement des aides prévues dans le cadre de leur formation.
Pourtant, l’ENAREF, qui accueille des apprenants issus de plusieurs pays africains, est reconnue pour son rôle stratégique dans la formation des futurs cadres de l’administration publique.
Face à cette situation, les futurs cadres lancent un appel pressant aux autorités guinéennes, ainsi qu’aux responsables de leur programme de formation.
Elles demandent notamment :le paiement rapide du complément de bourse, la mise en place d’une couverture sanitaire effective et un meilleur encadrement des étudiants en mobilité.
La situation des étudiants guinéens à l’ENAREF met en lumière les défis liés à la mobilité académique en Afrique. Entre promesses de formation de qualité et réalités économiques difficiles, ces jeunes se retrouvent aujourd’hui à la croisée des chemins.
Garantir leur bien-être n’est pas seulement une question sociale, mais aussi un enjeu de formation pour les futures élites de l’administration publique africaine.
Ibrahima Sory Bangoura




