À Conakry, les stationnements anarchiques continuent de compliquer la circulation et de mettre en danger les usagers de la route. Sur les grands axes de la capitale, des véhicules particuliers, taxis, minibus et gros porteurs occupent régulièrement les trottoirs, les carrefours et parfois même une partie de la chaussée, provoquant embouteillages, accidents et insécurité pour les piétons.
De Kaloum à Cosa, en passant par Madina, Matoto ou Bambéto, les scènes sont devenues habituelles : véhicules garés en double file, camions immobilisés sur les routes principales ou arrêts improvisés au milieu de la circulation. Cette occupation désordonnée réduit considérablement l’espace réservé aux piétons et oblige souvent les citoyens à marcher directement sur la route, au milieu des véhicules.
Selon plusieurs rapports sur la mobilité urbaine à Conakry, l’absence d’espaces adaptés pour les piétons et l’occupation anarchique des trottoirs aggravent fortement les risques d’accidents dans la capitale.
Les conséquences sont parfois dramatiques. À la Cimenterie, un récent accident ayant coûté la vie à deux adolescentes a une nouvelle fois relancé le débat sur la sécurité routière dans les zones fortement encombrées. Les riverains dénoncent régulièrement le désordre dans la circulation et le manque de contrôle sur certains axes très fréquentés.
Face à cette situation, les autorités ont lancé plusieurs opérations de déguerpissement et de libération des emprises publiques. La Direction générale de la Police nationale affirme vouloir mettre fin aux occupations illégales qui entravent la circulation et menacent la sécurité des citoyens. Plusieurs axes stratégiques de Conakry ont déjà été ciblés par ces opérations.
La police routière a également renforcé ses moyens de contrôle avec l’acquisition de nouvelles grues destinées à enlever les véhicules et gros porteurs stationnés illégalement sur les principales artères de la capitale.
Malgré ces initiatives, de nombreux habitants estiment que le phénomène persiste à cause du manque de parkings publics, de l’insuffisance des sanctions et du non-respect du code de la route. Pour plusieurs citoyens, le stationnement anarchique n’est plus seulement un problème de circulation, mais une véritable menace pour la sécurité publique.
Dans une ville où les embouteillages paralysent déjà le quotidien, la lutte contre le désordre sur les routes apparaît désormais comme une urgence pour protéger les vies humaines et améliorer les conditions de déplacement des habitants de Conakry.
Mamoudou Kaba, agent routière:« Chaque jour sur le terrain, nous faisons face aux conséquences du stationnement anarchique à Conakry. Beaucoup de chauffeurs garent leurs véhicules n’importe où : devant les marchés, aux carrefours, sur les trottoirs ou même au milieu de la chaussée pour prendre des passagers. Cela complique énormément la circulation et expose les citoyens à des accidents.
Souvent, les piétons sont obligés de quitter les trottoirs occupés pour marcher sur la route. C’est particulièrement dangereux aux heures de pointe. Nous intervenons régulièrement pour libérer certains axes, mais quelques minutes après notre départ, les mêmes comportements recommencent.
Le problème vient aussi du manque de discipline routière. Certains conducteurs refusent de respecter les consignes malgré les sensibilisations et les avertissements. Pourtant, le stationnement anarchique peut provoquer des accidents graves et ralentir l’arrivée des secours en cas d’urgence.
Nous appelons les usagers à plus de civisme. La sécurité routière est l’affaire de tous. Si chacun respecte les règles de stationnement, cela peut considérablement réduire les risques sur les routes de Conakry. »
De son côté, Djibril Souaré, citoyens:« Je suis un habitant de Conakry et je constate avec regret que le stationnement anarchique prend de plus en plus d’ampleur dans notre ville. Dans plusieurs communes, les véhicules sont garés n’importe comment : sur les trottoirs, devant les commerces et parfois même au milieu de la chaussée. Cette situation provoque des embouteillages énormes et met en danger les piétons.
Chaque matin, il faut passer des heures dans la circulation simplement parce que certains conducteurs ne respectent aucune règle de stationnement. Les marchés et les grands axes sont particulièrement touchés. Les enfants, les personnes âgées et les motocyclistes sont souvent obligés de contourner les voitures stationnées illégalement, ce qui augmente les risques d’accidents.
Nous demandons aux autorités de renforcer les contrôles, d’aménager davantage d’espaces de stationnement et de sanctionner les contrevenants. Une ville moderne doit être organisée et respectueuse des règles de circulation. Chacun doit aussi prendre conscience que le civisme commence par le respect de l’espace public. »
Ibrahima Sory Bangoura



