Dans les rues étroites et souvent surchargées de Kaloum, l’excès de vitesse est devenu une menace quotidienne pour les habitants. Entre les taxis pressés, les motos qui zigzaguent dans la circulation et certains chauffeurs de minibus roulant à vive allure et sans oublier les hommes en uniforme, la sécurité routière inquiète de plus en plus les citoyens.
Chaque jour, des scènes dangereuses se répètent sur les principaux axes menant au centre administratif de Conakry. À l’entrée de Kaloum, plusieurs accidents ont déjà provoqué des blessés graves et d’importants embouteillages. En janvier 2023, un violent accident sur l’autoroute Fidel Castro avait paralysé la circulation pendant plusieurs heures. Selon des témoins, l’excès de vitesse était en cause.
Les statistiques nationales confirment l’ampleur du problème. L’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière (AGUISER) a recensé plus de 3 300 accidents de circulation en Guinée en 2025, causant 528 décès. Parmi les principales causes identifiées figurent l’excès de vitesse, le non-respect du Code de la route et l’imprudence des conducteurs.
À Kaloum, où se concentrent administrations, banques et grandes entreprises, la densité de la circulation augmente fortement les risques pour les piétons. Beaucoup dénoncent également le non-respect des feux tricolores et des limitations de vitesse, notamment aux heures de pointe. Plusieurs organisations de sensibilisation routière alertent depuis des années sur cette situation préoccupante.
Les habitants réclament désormais des mesures plus strictes : multiplication des contrôles routiers, installation de ralentisseurs, sanctions contre les chauffards et campagnes de sensibilisation dans les écoles et gares routières. Pour de nombreux citoyens, il devient urgent d’agir avant que de nouveaux drames ne frappent les familles.
Selon cet agent routière: Chaque jour, nous sommes confrontés à des conducteurs qui roulent bien au-delà des limites autorisées, surtout aux heures où la circulation est moins dense. À Kaloum, le problème est sérieux parce qu’il y a beaucoup de piétons, d’élèves, de commerçants et de motos dans des espaces parfois très réduits.
Souvent, certains chauffeurs ignorent les feux rouges ou tentent de dépasser dangereusement pour gagner quelques minutes. Nous intervenons régulièrement après des accidents causés par l’excès de vitesse, et malheureusement ce sont souvent des innocents qui paient le prix. Notre travail ne consiste pas seulement à sanctionner. Nous faisons aussi de la sensibilisation pour rappeler que le respect du Code de la route peut sauver des vies. Mais il faut une prise de conscience collective. La sécurité routière est l’affaire de tous. »
Pour Mme Sylla Aminata, citoyens « À Kaloum, traverser la route est devenu un vrai danger. Certains chauffeurs roulent tellement vite qu’on a peur même sur les passages piétons. Les motos surgissent de partout, les taxis klaxonnent sans arrêt et beaucoup ne respectent ni les feux ni les priorités.
Nous voyons des accidents presque chaque semaine. Ce qui est inquiétant, c’est que malgré les contrôles, certains conducteurs continuent de prendre la route comme un circuit de course. Les parents ont peur pour leurs enfants lorsqu’ils vont à l’école.
Nous demandons aux autorités de renforcer les contrôles et surtout de sensibiliser davantage les conducteurs. Une minute gagnée sur la route ne vaut pas une vie humaine. Car derrière chaque excès de vitesse, ce sont des vies humaines qui sont mises en danger.»
Ibrahima Sory Bangoura



